• Cours Musique Paris - Piano MAO Formation Musicale
   

Quel niveau théorique ou instrumental faut-il pour composer de la musique ?

Pour composer de la musique, y a-t-il un niveau minimum requis en connaissance de la théorie musicale ?

Posséder une bonne connaissance de la théorie musicale ne peut être que bénéfique pour la composition musicale, mais il est tout à fait possible de composer de la musique dans un « langage simple », qui s’articule sur peu d’éléments. Aussi, même avec des notions théoriques rudimentaires, l’expérience de la création musicale mérite d’être tentée par tout musicien dès ses débuts dans la musique. La complexité viendra par la suite au fil des acquisitions théoriques et des analyses d’oeuvres musicales, et cette complexité n’est d’ailleurs en rien la condition de l’inspiration. Beaucoup de compositeurs ou de mélomanes s’accorderont à dire que le génie musical ne réside pas dans la capacité d’un compositeur a construire une architecture musicale sophistiquée. Bien au contraire, le plus difficile (et le plus génial) est sans doute d’arriver à composer  une musique simple et néanmoins originale. A toutes les époques, de nombreux compositeurs, des plus « ignorants » aux plus « savants » ont aimé et aiment encore s’adonner à ce type de création musicale. Bien entendu, il existe aussi de nombreuses oeuvres géniales et complexes, voire géniales par leur complexité ! Par exemple, les étonnantes (et très belles) couleurs harmoniques et orchestrales de certaines oeuvres de Debussy, Ravel, Prokofiev (et bien d’autres) sont le fruit d’une recherche poussée, loin des schémas les plus simples. En conclusion, disons d’abord que le savoir musical théorique n’est pas une obligation et le fait d’en avoir peu ne doit surtout pas être un frein à la création.  Disons ensuite que le travail d’analyse et d’acquisition théorique sur la composition est important pour tout compositeur qui souhaite étendre sa palette expressive.

Pour composer de la musique, y a-t-il un niveau minimum requis en pratique instrumentale ?

On peut effectivement vouloir jouer soi-même la musique qu’on a créée. Et dans ce cas, si elle présente des difficultés de jeu instrumental, il faut avoir un niveau de pratique instrumentale en rapport. On peut aussi vouloir faire jouer sa musique par d’autres musiciens, soit parce qu’ils ont un niveau instrumental qu’on n’a pas soi-même, soit, tout simplement, parce qu’il s’agit d’une musique orchestrale, et qu’il faut donc plusieurs musiciens (jouant de divers instruments) pour la jouer. Dans ce cas il faut soit faire partie d’un groupe (d’autres diront un « ensemble » selon le genre musical), soit disposer d’un bon réseau de musiciens prêts à jouer cette musique. En réalité, aujourd’hui il y a une autre solution qui est celle de la MAO (musique assistée par ordinateur). La MAO ne prétend pas remplacer les démarches précédentes (jouer ou faire jouer sa création avec un bon niveau de technique instrumentale), mais elle offre de compléter les possibilités du compositeur qui veut produire sa musique en la matérialisant par un enregistrement. Depuis le début des années 2000, l’ordinateur est devenu l’organe central de la fabrication de toute la musique enregistrée, qu’elle soit distribuée par internet ou sur CD. L’ordinateur est l’outil qui permet de faire jouer des instruments virtuels, (synthétiseurs ou banques d’échantillons sonores reproduisant le jeu des instruments acoustiques ou amplifiés), et il est également le support de tout enregistrement sonore fait au moyen d’un microphone, depuis que l’enregistrement sonore est passé au numérique. En d’autres termes, toute la musique enregistrée depuis au moins 15 ans, est quasiment exclusivement produite au moyen d’ordinateurs et de logiciels. Cette technologie a plusieurs niveaux d’utilisation. Elle peut être utilisée pour de l’enregistrement, pour du montage sonore, pour du traitement sonore. Beaucoup de musiciens compositeurs l’utilisent également pour cette formidable ressource que sont les instruments virtuels et la possibilité de faire jouer à ceux-ci une partition créée grâce au protocole « MIDI ». Quelles que soient les fonctions du logiciel mises en oeuvre, la MAO a apporté une véritable révolution car elle permet notamment au compositeur :

  • d’enregistrer individuellement chaque partie instrumentale, pour ensuite faire lire simultanément par le logiciel les différentes parties superposées
  • d’enregistrer à un tempo lent, pour ensuite, à la lecture des enregistrements, revenir à un tempo plus rapide
  • de corriger la durée, la hauteur et le placement dans le temps de chaque note enregistrée

En un mot, aujourd’hui, même avec un niveau de pratique instrumentale moyen voire débutant en instrument, même seul dans son studio, le compositeur peut parvenir à enregistrer une oeuvre musicale orchestrale avec un résultat artistique et une qualité de son très satisfaisants, pour peu qu’il se donne du temps dans sa réalisation en MAO… Bien sûr, jouer ou faire jouer « sans tricher » la partition (c’est à dire sans modifier après coup le résultat enregistré) apportera plus d’expressivité et de naturel au jeu instrumental s’il dispose d’un réseau d’instrumentistes de bon niveau, ou s’il a lui-même un bon niveau d’instrument. Mais globalement, la MAO a totalement libéré le compositeur de la contrainte de la technique instrumentale, lui permettant de faire jouer par l’ordinateur des parties instrumentales d’un niveau technique bien supérieur au sien, l’amenant même à inventer des musiques avec de nouvelles techniques de jeu instrumental. Grâce à la MAO, le compositeur, quel que soit son niveau de pratique instrumentale, a considérablement gagné en autonomie pour parvenir à faire jouer ses créations et à diffuser ses productions musicales.