Comment choisir son logiciel de musique

Dans la création / production musicale, le « logiciel de musique » central est le « séquenceur ».
Certains préfèrent à ce terme l’acronyme « DAW », qui signifie « Digital Audio Workstation » et qui, par le passé, désignait souvent des équipements matériels principalement dédiés à l’enregistrement audionumérique. On voit aussi parfois l’acronyme « STAN » qui veut dire « station de travail audio numérique » soit la traduction française de « DAW ».

Un séquenceur permet d’enregistrer, de générer ou d’importer des séquences sonores, de les lire simultanément, de les agencer, de les modifier, d’appliquer des traitements sonores divers, et au final d’obtenir un fichier audio faisant entendre l’aboutissement de tout ce travail. Les séquences sonores sont le résultat soit d’un enregistrement audio, soit d’une série d’informations MIDI enregistrée en temps réel ou créée / modifiée à la souris. Pour plus d’information sur ces concepts, rendez vous à la rubrique e-learning, dans laquelle vous trouverez un glossaire expliquant un certain nombre de termes techniques et un document illustré intitulé « qu’est-ce que la MAO ».

De nombreux séquenceurs sont plébiscités par les musiciens professionnels aujourd’hui : Protools (Avid), Logic (Apple), Live (Ableton), Cubase (Steinberg), Digital performer (MOTU), Studio One (Presonus), Reaper (Cockos), Samplitude (Magix). Tous ont d’indéniables qualités.

Alors la question que tous les débutants en MAO se posent c’est bien entendu : « Comment choisir son séquenceur ? »

 

Généralités sur les séquenceurs

Il faut tout d’abord savoir que tous ces logiciels précédemment cités sont largement utilisés par les musiciens compositeurs ou producteurs professionnels. Et si vous interrogez l’un de ces professionnels, il vous dira à coup sûr qu’il est globalement (ou totalement) très satisfait de son séquenceur. D’ailleurs, ce n’est pas seulement l’avis des professionnels qu’il est intéressant de connaître, mais plus globalement celui des musiciens, même amateurs, qui arrivent à finaliser de belles productions avec leur logiciel de musique.

Il arrive aussi assez souvent qu’un professionnel critique sévèrement l’un de ces logiciels en émettant des jugements négatifs sur ses fonctionnalités ou sur son ergonomie.

L’Atelier 440 vous conseille de considérer ce genre de critiques avec circonspection. En général on s’aperçoit que ce jugement n’est pas étayé par une réelle et profonde expérience du logiciel critiqué. Souvent l’accusateur possède un parti pris parce qu’il s’est accoutumé à un séquenceur. Et lorsqu’il parle d’un autre séquenceur, il est fréquent qu’il se soit seulement contenté de le survoler superficiellement puis qu’il ait abandonné son exploration en se rendant compte qu’il n’y trouverait pas l’ergonomie de travail de son séquenceur habituel. Nombreux sont les musiciens qui relaient de simples « on-dit » sur les séquenceurs.

En réalité, aucun des séquenceurs cités plus haut n’est mauvais. Tous sont bons. 70% des fonctionnalités trouvées dans chaque séquenceur se retrouvent dans tous les autres. On peut donc dire qu’en gros ils proposent tous un ensemble de fonctionnalités « standard » identiques. Et pour les 30% qu’il reste, là, en effet, il y a des fonctions originales qui sont spécifiques à chaque séquenceur.

Mais ce qui est surtout spécifique à chaque séquenceur c’est son ergonomie. C’est à dire la façon dont les 70% de fonctions standard sont rangés graphiquement dans le fenêtrage, dans les menus ou derrière des icônes ou autres raccourcis claviers. Cette ergonomie fait que chaque logiciel rend certaines fonctions plus rapidement accessibles que d’autres. C’est précisément ce qui plaît ou qui déplaît. C’est un peu comme comparer les bureaux (je parle de vrais bureaux physiques) de deux personnes, avec leurs dossiers, certains rangés dans des tiroirs, d’autres dans des placards, d’autres laissés sur le plan de travail. Chacun a ses goûts et ses habitudes en termes de rangements et bien souvent une logique ordonnée pour l’un sera du « désordre » pour l’autre. Pour aller jusqu’au bout de la comparaison, il faudrait aussi parler de la décoration du bureau ! Les adeptes du « Feng Shui » diront, et sans doute ont-ils raison, que la mise en espace, le design, ça compte énormément dans le travail. Choisir un séquenceur, c’est donc avant tout choisir une manière de « ranger son espace et ses outils de travail ».

Revenons sur les 30% de fonctionnalités « spécifiques » à chaque séquenceur. Pour peu qu’on construise sa méthode de travail sur l’une de celles-ci après avoir opté pour un séquenceur, on aura en effet du mal à envisager de changer de séquenceur. Mais les éditeurs de logiciels savent tous qu’ils ont intérêt à faire de la veille technologique et donc à s’inspirer des bonnes idées de leurs concurrents quand ils ne les ont pas encore eues eux-mêmes. Comme l’intégration de certaines fonctions nécessite parfois une réécriture en profondeur du logiciel, les développeurs rechignent parfois à le faire ou mettent du temps à assumer ce processus. Ainsi par exemple, on peut sans doute estimer que le fait de proposer un mode de travail de type « improvisation sur des loops » risque de demeurer encore longtemps l’apanage de Live (Ableton). Mais globalement, on remarque que les séquenceurs connaissent tous des améliorations régulières et savent rester compétitifs, d’une manière ou d’une autre, face à leurs concurrents.

A présent, soyons pragmatiques et énumérons les raisons qui motivent le choix de tel ou tel séquenceur lorsqu’on interroge les utilisateurs. Il y a :

  • Ceux qui on commencé à travailler avec un séquenceur simplement en se laissant influencer par leur entourage de musiciens, puis qui se sont habitués à ce séquenceur (ils sont très nombreux dans cette catégorie !)
  • Ceux qui ont entendu dire que dans les studios d’enregistrement ou de mixage on utilise exclusivement PROTOOLS et qui suivent donc cet indicateur
  • Ceux qui ont un jour découvert qu’on avait installé sur leur ordinateur, à leur insu 🙂 une copie illégale d’un des séquenceurs pro cités précédemment. Ils rejoignent alors en général la première catégorie citée (et sont également nombreux), mais se privent de connaître certains séquenceurs trop bien protégés pour exister en version illégale…
  • Ceux qui de façon impartiale ont pratiqué plusieurs séquenceurs afin de les comparer et de choisir celui qui leur correspondait le mieux (très rares sont les personnes dans cette catégorie !)

Il faut avoir à l’esprit qu’il est très connu que des copies illégales de certains séquenceurs circulent sur le web, et cela participe pour beaucoup à rendre ces logiciels bien plus populaires que d’autres qui demeurent totalement inviolables. A cause de ce phénomène, la popularité n’est pas nécessairement la conséquence de la supériorité mais plus trivialement celle de la gratuité…

 

Choisir son séquenceur

Dans la liste ci-dessous, tous les séquenceurs cités sont reconnus pour être de très bons outils, y compris chez les professionnels. C’est pourquoi, seule leur qualité la plus « émergente » face à la concurrence (en 2015) est indiquée parce que c’est au fond sur celle-ci que se fait la différence et la décision d’achat.

(Par ordre alphabétique de nom de séquenceur)

CUBASE PRO (STEINBERG)
Qualité : très bonne ergonomie à tous les niveaux du travail musical (midi / audio)

LIVE SUITE (ABLETON)
Qualités : originalité du mode de travail orienté « improvisation avec des loops »
banque intégrée d’instruments et d’effets riche pour la musique électro

LOGIC PRO (APPLE)
Qualité : Prix (bon marché par rapport aux autres) bien que Reaper soit encore moins cher.
Inconvénient pour les utilisateurs de windows : n’existe que pour Mac OS

PROTOOLS (AVID)
Qualité : très bien conçu pour l’enregistrement, l’édition audio et le mixage
Inconvénient : ergonomie moyenne pour le travail midi

REAPER (COCKOS)
Qualité : Prix le plus bas (60€) avec possibilité d’évaluation gratuite sans limite de temps

 

Pour aller plus loin

Pour aller plus loin dans la comparaison des séquenceurs et avoir davantage de certitudes quant à son choix, l’Atelier 440 propose un programme de stage d’une durée de 5h30 intitulé « comparatif séquenceurs » qui permet d’approcher 3 séquenceurs pro. Ce programme figure dans la rubrique FORMATION MAO.