Solfege2018-08-14T10:18:23+00:00

Solfege, que signifie ce mot exactement ?

Pour la petite histoire : le mot “Solfege” vient du mot italien “solfagiare” (“solfier” en italien). Et ce mot italien vient lui-même des noms de notes “Sol” et Fa”. Au moyen-âge en France, on ne disait pas “solfege” mais “solmisation”, mot issu des noms de notes “Sol” et “Mi”.

Le solfege désigne le système classique de la notation musicale occidentale. Il s’agit d’un savoir purement graphique qui traduit principalement deux paramètres sonores. Les hauteurs de sons, d’une part, et les rythmes d’autre part (durées de sons et de silences, placements dans le cycle de la mesure). On représente les hauteurs de sons par des petits ronds sur 5 lignes horizontales qu’on appelle “portée”. Quant aux rythmes, on les représente par toute une collection de caractères spécifiques. D’autres symboles permettent également de coder graphiquement les nuances (la dynamique). Connaître le solfège, c’est donc savoir lire ou écrire des notes et des rythmes selon ce système. L’action de “solfier”  est vocale. Il s’agit de nommer les notes placées sur une portée et, tout en les nommant, de restituer  leur placement rythmique.

 

Pourquoi cette aversion envers le solfege ?

En France, le solfege est la (grosse) bête noire de beaucoup d’enfants…et de beaucoup de parents qui sont passés par là…

C’est en fin de compte tout un système éducatif en France qui est en cause dans le rejet du solfege. La pratique musicale a toujours été totalement en arrière-plan des priorités de l’éducation nationale. Elle est depuis longtemps réduite à la portion congrue. Alors, pour beaucoup (enfants comme parents), les rares et ponctuels moments de contact avec un apprentissage musical doivent nécessairement laisser de côté les efforts trop laborieux. Et le solfege est au premier rang de ceux-là. Car ces efforts empêcheraient que le plaisir à faire de la musique soit total et immédiat. Si cette vision manque de largeur, on peut la comprendre dans ce contexte de rareté.

Il faut ajouter à cela que des siècles de pédagogie austère du solfège en France ont laissé des traces. Dans les conservatoires, on veille à ce que les enfants progressent rapidement en solfège. En fin de compte, c’est surtout parce que cela facilite la vie des professeurs d’instruments. En effet, utiliser exclusivement le support de la partition est la méthode la plus simple… pour ces derniers. Le solfege devient alors souvent un véritable objet de stress, pire même : de sélection ! Il faut reconnaître que peu de professeurs de formation musicale dans les conservatoire parviennent à évacuer (ou à résister contre) la pression sur cette partie de leurs cours. Certains l’accentuent au contraire… Et bien entendu, c’est généralement contre-productif, et très démotivant pour les enfants.

 

Pourquoi apprendre le solfege ?

A l’instar du langage verbal, apprendre à lire ou écrire la musique ne garantit pas qu’on en maîtrise la syntaxe, les mécanismes de construction. Ces aspects sont les domaines d’exploration de la théorie musicale, de l’harmonie et de l’analyse musicale.
Ainsi, certains très grands musiciens de jazz ou de musiques actuelles, excellents improvisateurs et compositeurs, possèdent une fabuleuse oreille, une formidable “vision” de la musique, et pourtant ne savent pas solfier. Beaucoup d’artistes de chanson en France ne savent pas non plus solfier. Cela démontre donc que la maîtrise du solfège n’est pas nécessairement la condition sine qua non d’un parcours musical abouti.

Il s’agit là, en général, de l’argument des musiciens réfractaires à l’apprentissage du solfège… Mais il serait dommage d’y céder sans observer par ailleurs les contre-arguments. Car il y en a, et ils sont solides…

Parce qu’il s’est amélioré pendant plusieurs siècles, le solfege demeure sans équivalent en termes “d’efficacité visuelle”. Il est notamment très économe en place sur le papier (ou sur l’écran…). Il est donc avant tout un outil graphique très utile pour la communication entre musiciens. Et il facilite également les apprentissages utiles à la composition : théorie musicale, harmonie, arrangement. Il favorise aussi les progrès en ear training.
De plus, maîtriser le solfège ne prend pas tant de temps que ça si l’on s’y met très sérieusement. Le temps de “compréhension des symboles graphiques” est en fin de compte assez rapide. Mais l’apprentissage du solfege inclut aussi un temps d’adaptation de l’œil à ce mode de lecture particulier. Cela est plus long, mais c’est ensuite un acquis pour la vie !

 

Un peu de distraction solfegique…

A ce stade de votre lecture, je vous propose un moment de distraction pédagogique et musical.  Visionnez donc cette très belle vidéo d’animation graphique mêlant solfège et théorie musicale. (Cliquez sur le texte en gras pour y accéder). Elle est construite sur la bande son de l’excellent film “Amadeus” de Milos Forman. Elle présente un dialogue imaginaire entre deux grands compositeurs : Mozart, et Salieri. L’auteur de cette animation a eu l’idée d’utiliser le solfege pour mettre en valeur le génie de Mozart.

Solfege - Animation - Amadeus - Confutatis

 

 

Le solfege est-il vraiment utile aux musiques actuelles ?

Etre en mesure de solfier des partitions de Chopin (par exemple) requiert sans doute 2 ou 3 ans d’un entraînement “intensif et concentré” au solfege. Mais les oeuvres de « musiques actuelles » sont bien plus simples, tant sur le plan de l’architecture musicale, que sur celui de la technicité instrumentale. Aussi, un apprentissage du solfège dédié uniquement aux musiques actuelles peut être l’affaire de seulement quelques semaines de travail bien assidu et intensif !

Dans beaucoup de pays, la pratique musicale fait totalement partie de l’univers scolaire des adolescents. En Angleterre, en Allemagne, aux Etats-unis, en Russie, ceux-ci participent à de nombreuses chorales et autres groupes de musique. Aussi, tout le monde y considère ces activités comme des éléments importants d’une éducation complète. Et d’ailleurs l’éducation nationale héberge celles-ci dans ses locaux. De plus, ces ensembles instrumentaux et vocaux, dans les pays anglophones, sont généralement très ouverts aux musiques actuelles. Alors, pour ces jeunes, aboutir au plaisir du concert de fin de semestre donne bien plus d’entrain à fournir quelques efforts laborieux. Le solfege est le support standard de leur communication, et il favorise la réussite de la réalisation musicale collective. Ainsi, dans ces pays, tout le monde accepte son apprentissage. Mis en perspective avec tous les bienfaits qu’il apporte, il n’est même pas un sujet de discussion !

C’est pourquoi beaucoup d’artistes de pop anglaise ou américaine à succès maitrisent le solfège depuis leur plus jeune âge.

En réalité, ne pas (ou presque pas) savoir solfier est un modèle aujourd’hui un peu dépassé. Car le solfege est désormais un savoir courant et basique dans le monde entier. Et cela se vérifie également chez les artistes de musiques actuelles. Il est un outil tellement basique, dans un marché musical tellement mondial, qu’il serait insensé de s’en priver.

 

Où apprendre le solfege ?

Dans les conservatoires, l’apprentissage du solfège est intégré dans un programme de travail plus large de “formation musicale”.

Dans, les structures privées, c’est souvent plus rare de trouver des cours de solfège. Tous les responsables de lieux d’enseignement de la musique ont bien à l’esprit cette impopularité du solfège. Aussi, nombreuses sont celles qui garantissent un enseignement absolument sans solfège, ce qui est un positionnement radical …et sans doute démagogique.

A l’atelier 440 le solfège fait partie de la communication musicale entre musiciens. Dans toutes les activités pédagogiques, on explique certaines notions visuellement avec le support écrit de la partition. On bénéficie ainsi, en un seul coup d’oeil, d’une vision détaillée des harmonies, du rythme, du contrepoint ou de l’orchestration d’un extrait de musique. L’Atelier 440 invite donc tous ses élèves à ne pas avoir peur du solfège, bien au contraire. Il faut dépasser ce consensus populaire en France selon lequel le solfège est l’ennemi de la musique… Il n’en est qu’un outil, mais tellement utile !

Le cursus pro « fondamentaux et composition » de l’Atelier 440 inscrit quant à lui le solfege comme une compétence à travailler obligatoirement. Ce cursus y consacre 1h hebdomadaire d’entraînement (soit 10% de son volume de cours).

Si vous souhaitez avoir quelques premières idées d’exercices à télécharger et à imprimer pour démarrer l’apprentissage du solfège, rendez-vous dans la rubrique e-learning sur la page apprendre le solfège.